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« Je pourrais dire que, sous un certain point de vue, intime et profond, Yvetot est la seule ville au monde où je ne pouvais pas aller. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle est, comme ne l’est aucune autre ville pour moi, le lieu de ma mémoire la plus essentielle, celle de mes années d’enfance et de formation, que cette mémoire-là est liée à ce que j’écris, de façon consubstantielle. Je peux même dire : indélébile. » (Retour à Yvetot, Mauconduit, p. 10. Pour la photo d’origine, voir Écrire la vie, Gallimard, p. 40-41)

 

« Quand je reviens à Yvetot seule – avec quelqu’un, c’est différent, on ressent moins les choses –, c’est effectivement comme si je replongeais dans un endroit où sont restées des couches de moi-même. Il y a des couches d’enfance, des couches d’adolescence. Il y a des histoires d’amour, des rêves. Il y a toutes les premières choses qui vous arrivent dans la vie, les plus importantes. C’est ce ‘palimpseste’ qui me submerge, qui, comme on dit, me ‘tombe dessus’. » (Retour à Yvetot, Mauconduit, p. 63)