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« Pourquoi ai-je voulu revenir à Florence ? Je ne m’en souviens plus. Cette ville ne vaut pas Venise et je n’y ai pas les souvenirs de Rome. Son seul mérite est qu’elle me ramène à 82, à ce voyage initiatique, dans lequel j’ai perdu mon mari après dix-huit ans de vie commune, et gagné mon désir d’être libre. Mais tout est différent. Je suis obsédée par un homme [A./S.] qui va partir de France et auquel me lient des souvenirs de passion. Cette nuit encore, dans le train, me repasser sans cesse les scènes de lundi, et celles que je prépare.

L’hôtel est au bord de l’Arno, atrocement bruyant, et s’il fallait rappeler un état d’âme, ce serait celui de 63, à Rome : ‘Qu’est-ce que je fais là ?’ » (Se perdre, Gallimard, pp. 193-194)